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À La Réunion, le passage d’un cyclone peut entraîner des dommages majeurs aux habitations et aux biens, parfois visibles immédiatement, parfois révélés plusieurs semaines plus tard.
Au-delà de l’urgence matérielle, les sinistrés se heurtent souvent à une procédure d’indemnisation complexe, strictement encadrée par le Code des assurances et conditionnée à la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle.
Le présent article a pour objet d’exposer, de manière claire et chronologique, les étapes essentielles de l’indemnisation après un cyclone, ainsi que les recours possibles en cas de désaccord avec l’assureur.
En premier lieu, l’indemnisation au titre du régime des catastrophes naturelles n’est possible que si l’État publie un arrêté interministériel de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle, pris commune par commune, sur la base des demandes formulées par les collectivités.
Ainsi, l’arrêté précise :
les communes concernées,
la période retenue,
et le type de phénomène naturel reconnu (inondation, glissement de terrain, coulée de boue, etc.).
⚠️ Point essentiel : L’arrêté peut être publié plusieurs semaines, voire plusieurs mois après le passage du cyclone.
À titre d’illustration, à la suite du cyclone Garance, plusieurs arrêtés successifs ont été pris entre les mois de mars et juillet, avec des extensions progressives du périmètre et des phénomènes reconnus.
👉 Sans arrêté Cat Nat applicable à votre commune et au phénomène en cause, le régime légal prévu par les articles L.125-1 et suivants du Code des assurances ne peut pas s’appliquer.
Le régime des catastrophes naturelles est régi par l’article L.125-1 du Code des assurances, qui prévoit que sont indemnisés les dommages matériels directs causés par l’intensité anormale d’un agent naturel, lorsque les mesures habituelles de prévention n’ont pu empêcher leur survenance.
Ce régime repose ainsi sur plusieurs principes :
une reconnaissance administrative préalable (arrêté Cat Nat),
une indemnisation encadrée par la loi,
des délais stricts à respecter,
et une articulation avec les garanties prévues au contrat d’assurance.
Même en présence d’un arrêté de catastrophe naturelle, l’indemnisation n’est pas automatique ni uniforme.
Il est indispensable de :
vérifier l’existence de la garantie catastrophes naturelles,
analyser les clauses d’exclusion prévues au contrat,
identifier les biens effectivement garantis (bâtiment principal, dépendances, murs, clôtures, etc.).
⚠️ En pratique, certaines exclusions ou limitations de garantie sont susceptibles d’être invoquées par les assureurs, notamment pour des ouvrages extérieurs ou des murs de soutènement.
Conformément au Code des assurances, le sinistre doit être déclaré dans un délai de 30 jours à compter de la publication de l’arrêté de catastrophe naturelle.
👉 Par prudence, la déclaration doit être adressée par lettre recommandée avec accusé de réception, en décrivant précisément les dommages.
L’indemnisation dépend largement de la qualité du dossier présenté.
Il est notamment recommandé de :
prendre des photographies datées des dommages,
faire établir un constat de commissaire de justice si nécessaire,
recueillir des témoignages de voisins,
conserver les éléments permettant de retracer les circonstances du sinistre.
L’assuré doit être en mesure d’établir que la cause déterminante des dommages est bien le phénomène naturel visé par l’arrêté Cat Nat (ex. inondation, glissement de terrain).
👉 Dans certaines situations, l’assistance d’un expert privé peut s’avérer particulièrement utile dès cette phase.
L’assureur va généralement mandater un expert chargé :
de constater les dommages,
d’en analyser l’origine,
et de se prononcer sur leur caractère indemnisable au titre du régime Cat Nat.
Le rapport d’expertise constitue un élément central dans la décision de l’assureur.
À la suite de l’expertise, l’assureur peut :
proposer une indemnisation, parfois jugée insuffisante,
ou opposer un refus de garantie, notamment en contestant la cause déterminante du sinistre.
Ces situations sont fréquentes et constituent souvent le point de départ du litige.
En cas de refus total ou d’indemnisation manifestement insuffisante, plusieurs voies peuvent être envisagées :
discussion et négociation argumentée,
expertise contradictoire,
action en justice, notamment par la voie d’une expertise judiciaire suivie d’une demande d’indemnisation.
👉 Une analyse juridique préalable permet d’évaluer l’opportunité et la stratégie à adopter.
Les sinistres liés aux cyclones et aux catastrophes naturelles soulèvent fréquemment des questions techniques, assurantielles et procédurales complexes.
Dès lors, une intervention juridique peut être utile :
dès la déclaration du sinistre,
lors de l’expertise,
ou en cas de blocage dans l’indemnisation.
Le cabinet peut intervenir à chaque étape de la procédure d’indemnisation, notamment pour :
l’analyse des garanties et des contrats d’assurance,
l’assistance dans les démarches déclaratives,
l’accompagnement lors des opérations d’expertise,
les négociations avec l’assureur,
et, le cas échéant, l’engagement d’une procédure judiciaire afin d’obtenir une indemnisation conforme aux droits de l’assuré.
👉 Pour toute question relative à des dommages causés par un cyclone à La Réunion (974), vous pouvez contacter le cabinet via le formlaire de contact afin d’exposer votre situation.
Article rédigé par Dimitri Lazzarotto, avocat au barreau de Saint-Denis de La Réunion.
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