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La pension alimentaire est fréquemment évoquée en cas de séparation ou de divorce.
Elle obéit à des règles juridiques précises, mais son montant et ses modalités peuvent varier selon chaque situation.
Cet article a pour objectif d’expliquer, de manière simple et pratique, les modalités de fixation d’une pension alimentaire à La Réunion.
La pension alimentaire correspond généralement à une somme d’argent versée mensuellement afin de contribuer à l’entretien et à l’éducation d’un enfant.
Par principe, chaque parent doit contribuer à proportion de ses ressources aux besoins de l’enfant.
Cette obligation ne cesse pas automatiquement lorsque l’enfant est majeur mais prend fin lorsqu’il est en mesure de subvenir à ses besoins.
Un barème indicatif est publié par le ministère de la Justice.
Attention : ce barème peut servir de simple référence, mais :
il n’a aucune valeur obligatoire ;
il ne remplace pas l’appréciation du juge.
Le calcul repose sur un équilibre entre :
les ressources réelles des parents ;
les besoins concrets de l’enfant ;
la nécessité de préserver une situation financière viable pour chacun.
La pension alimentaire est en principe mise à la charge du parent chez lequel l’enfant ne réside pas habituellement, lorsque la résidence de l’enfant est fixée au domicile de l’un des parents et que l’autre exerce un droit de visite et d’hébergement.
Toutefois, la mise en place d’une résidence alternée n’exclut pas nécessairement le versement d’une pension alimentaire : l’un des parents peut y être tenu lorsque les ressources respectives sont déséquilibrées et que l’autre parent ne dispose pas de moyens suffisants pour subvenir aux besoins de l’enfant.
Oui, les parents peuvent convenir eux-mêmes de la fixation d’une pension alimentaire, sans intervention du juge.
Cette modalité peut être prévue dans le cadre d’une convention parentale ou être intégrée à une convention de divorce par consentement mutuel, sous réserve de respecter l’intérêt de l’enfant.
L’assistance d’un avocat, si elle est obligatoire en cas de divorce par consentement mutuel, est également fortement recommandée pour la rédaction et la signature d’une convention parentale.
La demande de pension alimentaire relève de la compétence du juge aux affaires familiales (JAF). Elle obéit à une procédure précise, destinée à permettre au juge d’apprécier objectivement la situation de chaque parent et l’intérêt de l’enfant.
La procédure débute par la saisine du juge aux affaires familiales, qui peut intervenir :
à l’initiative d’un seul parent,
ou conjointement par les deux parents, dans le cadre d’une requête conjointe.
Selon les situations, la saisine prend la forme :
d’une requête déposée auprès du tribunal judiciaire compétent,
ou d’une assignation, notamment en cas de désaccord marqué entre les parents.
Une fois le juge saisi, une audience est fixée.
Lors de celle-ci, le juge examine les demandes formulées par les parties, entend leurs observations et procède à la vérification des pièces justificatives produites, notamment :
justificatifs de revenus,
charges courantes,
éléments relatifs aux besoins de l’enfant.
À l’issue de l’audience, le juge rend une décision fixant, le cas échéant :
le montant de la pension alimentaire,
ses modalités de versement,
ainsi que les autres mesures relatives à l’enfant (résidence, droit de visite et d’hébergement).
Lorsque la décision rendue par le juge aux affaires familiales ne convient pas à l’une des parties, celle-ci peut être contestée par la voie de l’appel, dans les délais légaux.
L’appel permet un réexamen de l’affaire par la cour d’appel, tant sur les aspects financiers que sur les modalités retenues pour l’enfant.
Il suppose toutefois le respect de règles procédurales strictes et la constitution d’un dossier solide, notamment en matière de justificatifs et d’arguments juridiques.
Il est important de préciser que la décision du juge aux affaires familiales demeure en principe exécutoire, même en cas d’appel, sauf disposition contraire.
Cela signifie que la décision de première instance s’applique tant qu’elle n’a pas été infirmée par une décision contraire.
Les situations dans lesquelles l’enfant réside à La Réunion tandis que l’un des parents est domicilié en métropole sont fréquentes. Elles soulèvent naturellement la question de la juridiction compétente pour statuer sur la pension alimentaire.
En matière de pension alimentaire, la compétence territoriale appartient en principe au juge aux affaires familiales du lieu où réside habituellement l’enfant.
Ainsi, lorsque l’enfant réside à La Réunion, le tribunal judiciaire compétent est celui de La Réunion, même si l’autre parent est domicilié en métropole.
A titre d’exemple : pour un enfant qui réside habituellement à Saint-Denis, le Juge aux affaires familiales du Tribunal Judiciaire de Saint-Denis sera compétent.
Ce critère vise à garantir une meilleure prise en compte de l’intérêt de l’enfant et à faciliter le suivi des mesures décidées par le juge.
Article rédigé par Dimitri Lazzarotto, avocat au barreau de Saint-Denis de La Réunion.
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